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Dans la clinique de l’échelle ADBB (Alarme Détresse Bébé), nous parlions jusqu’à présent de retrait relationnel chronique. Ce terme a longtemps eu sa pertinence, car il mettait en évidence une difficulté centrale : le bébé qui se retire, qui se détourne du lien, qui se replie dans une forme d’économie de contact.
Mais nous avons choisi aujourd’hui de faire évoluer ce vocabulaire. Désormais, il sera question de comportement de retrait social chronique du nourrisson (ou précoce).

Pourquoi ce changement ?

L’objectif est simple : éviter que le nom du phénomène ne contienne déjà une étiologie implicite. En parlant de “retrait relationnel”, on pouvait laisser penser que ce comportement du bébé était uniquement lié à des difficultés relationnelles, par exemple avec les parents ou l’environnement affectif. Or, la clinique nous apprend que c’est plus complexe.

Le retrait social chronique du nourrisson peut avoir des origines diverses : médicales, neurologiques, sensorielles, environnementales, relationnelles… ou souvent une combinaison de plusieurs facteurs. En nommant le phénomène comme un comportement observable, sans indiquer par défaut la cause, nous préservons la rigueur clinique et évitons les raccourcis.

Ce déplacement de vocabulaire peut sembler mineur. Pourtant, il est essentiel. Les mots que nous choisissons façonnent la manière dont les professionnels comprennent, investiguent et accompagnent. En parlant désormais de comportement de retrait social chronique du nourrisson, nous rappelons que notre rôle est d’observer, de décrire et d’ouvrir la réflexion clinique, sans enfermer trop vite dans une explication unique.

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